Ce que les quatre partis fédéraux ont promis jusqu’à maintenant aux électeurs autochtones

Julien Gignac

Nouvelles nationales de l’APTN

Tous les partis ont inclus dans leur programme des promesses faites aux collectivités autochtones—certains de façon plus détaillée que d’autres.

Les Conservateurs, qui ont procédé au déclenchement des élections le plus hâtif depuis 1872, lorsque Sir John A. Macdonald avait battu les Libéraux, déclarent qu’ils dévoileront leur programme au fur et à mesure du déroulement de la campagne.

Le Plan d’action économique 2015 contient des politiques budgétaires qui portent sur les questions autochtones. D’après le site Web d’Affaires autochtones et Développement du Nord, le Plan du gouvernement conservateur prévoit investir :

  • 567 millions de dollars sur cinq ans à l’intention des Autochtones et des résidants du Nord afin d’aider à bâtir des collectivités plus dynamiques.
  • 30,3 millions de dollars sur cinq ans pour stimuler le potentiel économique des réserves grâce à l’adoption d’une législation en matière de gestion des terres.
  • 200 millions de dollars sur cinq ans afin d’obtenir de meilleurs résultats en matière d’éducation.
  • 500 millions de dollars consacrés à la construction et à la rénovation d’écoles.
  • 215 millions de dollars pour la formation et le perfectionnement des compétences des peuples autochtones.

Le chef du Parti conservateur, Stephen Harper, n’a assisté ni à l’Assemblée générale annuelle de l’Assemblée des Premières Nations qui s’est tenue en juillet ni à l’événement final de la Commission de vérité et de réconciliation.

Le Parti libéral

Le programme du Parti libéral en faveur des Autochtones se trouve sur son site Web. La section « Partenariats renouvelés pour un Canada plus fort » passe en revue les engagements du Parti à l’égard des Autochtones :

  • Relancer des relations de nation à nation.
  • Mettre en œuvre les 94 recommandations de la Commission de vérité et de réconciliation, en commençant par les principes de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.
  • Lancer une enquête publique nationale sur les disparitions et les assassinats de femmes autochtones.
  • Octroyer des fonds pour préserver et protéger les langues autochtones.
  • Investir 2,6 milliards de dollars au cours des quatre prochaines années dans l’éducation des Premières Nations.
  • Investir 500 millions de dollars sur trois ans dans la construction d’infrastructures scolaires pour les Premières Nations.
  • Octroyer annuellement 50 millions de dollars aux étudiants de niveau postsecondaire.
  • Garantir le contrôle par les Premières Nations de l’éducation des Premières Nations.
  • Fournir un financement équitable pour les services à l’enfance et à la famille dans les réserves.
  • Éliminer le plafonnement à 2 % du financement des programmes pour les Premières Nations.
  • Abroger les modifications à la Loi électorale.
  • Créer un accord-cadre de réconciliation fédéral, qui contribuera à régler les revendications territoriales et des traités.
  • Revoir la législation appliquée par le gouvernement conservateur à l’égard des peuples autochtones.
  • Relancer l’Accord de Kelowna.
  • Financer la partie fédérale d’une nouvelle route d’accès à la Première Nation Shoal Lake 40, en Ontario.

Au cours du premier débat des chefs de partis fédéraux, le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, a déclaré que Stephen Harper « n’a pas travaillé avec les Premières Nations pour définir les types de partenariats qui sont nécessaires pour continuer à développer nos ressources naturelles. »

Justin Trudeau a assisté à l’Assemblée générale annuelle de l’Assemblée des Premières Nations en juillet et a pris la parole pour parler de sa prochaine campagne.

« S’assurer de la parité du financement de l’éducation est essentiel. Nous sommes déterminés à éliminer le plafonnement du financement à 2 %. »

« Nous sommes en présence d’un gouvernement qui non seulement ne s’engage pas envers les Premières Nations, mais qui ne se soucie pas vraiment de ses relations avec elles, car il n’y a pas d’avantage ou de désavantage politique à le faire, et c’est pourquoi il est si important que les gens de tout le pays aillent voter. »

Le Parti vert

Le Parti vert du Canada propose une « Politique autochtone » distincte qu’il présente dans son programme « Vision verte » consistant à :

  • Respecter la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.
  • Appuyer le rétablissement de l’Accord de Kelowna.
  • Lancer une enquête sur les disparitions et les assassinats de femmes autochtones.
  • Honorer les droits issus des traités et les droits inhérents à l’autonomie gouvernementale.
  • Élaborer une loi sur le Tribunal des traités et des terres autochtones.
  • Conclure des ententes sur les revendications territoriales.
  • Examiner les politiques fédérales actuelles sur l’autonomie gouvernementale.
  • Mettre en œuvre les recommandations du rapport de 1996 de la Commission royale sur les peuples autochtones.
  • Accroître l’accès à l’éducation des Premières Nations en éliminant le plafonnement à 2 %.
  • Respecter la décision Sparrow, la décision Haida et la décision Tsilhqot’in.
  • Adopter des lois sur les droits de chasse et de coupe consentis aux peuples autochtones sur leurs territoires traditionnels.
  • Abroger la Loi sur les Indiens en cas d’intensification des pressions par les Premières Nations.

La chef du Parti vert, Elizabeth May, a déclaré pendant le débat des chefs de partis fédéraux que « le fait de renoncer à voter constitue un problème plus important que le fractionnement des voix. Nous allons faire tout ce que nous pouvons pour sensibiliser les jeunes, les Premières Nations et les personnes désavantagées par la Loi sur l’intégrité des élections des Conservateurs et obtenir une participation électorale plus élevée, afin que les Verts puissent être gagnants dans le système actuel, mais aussi pour que le Canada y gagne une démocratie plus saine. »

Mme May a également mentionné la création d’un Conseil des gouvernements canadiens qui réunirait « des représentants des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, des administrations municipales et locales ainsi que des Premières Nations, des Métis et des Inuits autour de la même table. »

NPD

Comme les Conservateurs, les Néo-démocrates ont choisi de dévoiler leur programme plus lentement, en présentant différents aspects à mesure que la campagne avance.

La députée néo-démocrate de Churchill-Keewatinook Aski et porte-parole en matière d’affaires autochtones, Niki Ashton, a communiqué au Réseau de télévision des peuples autochtones (APTN) les engagements actuels du NPD envers les peuples autochtones.

Il s’agit des suivants :

  • Collaborer avec les collectivités autochtones de nation à nation.
  • Exiger une enquête nationale sur les disparitions et les assassinats de femmes autochtones dans les 100 jours suivant son accès au pouvoir.
  • Mettre en œuvre les principes de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.
  • Mener des consultations sur les résultats de la Commission de vérité et de réconciliation et y donner suite.
  • Améliorer les infrastructures, telles que les logements, les routes et l’approvisionnement en eau potable dans les réserves des Premières Nations.
  • Remédier au déficit en matière d’éducation qui a laissé 74 % des écoles des Premières Nations dans un état nécessitant des réparations majeures.
  • Faire respecter les droits issus des traités et les droits inhérents en créant un comité du Cabinet dirigé par Thomas Mulcair.
  • Devenir un partenaire de la construction d’une route pour la Première Nation Shoal Lake 40.

Le NPD présente actuellement 16 candidats autochtones et il pourrait y en avoir plus, a déclaré Mme Ashton.

En parlant des différents projets du secteur de l’énergie et des lois sur l’environnement lors du débat des chefs de partis fédéraux, le chef du NPD, Thomas Mulcair, s’est attaqué au premier ministre Harper en ces termes : « Au lieu de traiter avec les Premières Nations sur une base respectueuse, de nation à nation, il dépense 100 millions de dollars par an pour se battre contre eux devant les tribunaux. Nous adopterons une autre stratégie. Nous travaillerons avec les Premières Nations. Ce sera une nouvelle ère dans les relations avec les Premières Nations, car ils sont souverains dans un grand nombre de ces affaires. »

  1. Mulcair a également participé à l’Assemblée générale annuelle de l’Assemblée des Premières Nations en juillet et a fait des promesses électorales à cette occasion.

« Un gouvernement néo-démocrate créera un comité du Cabinet que je présiderai moi-même. Il veillera à ce que toutes les décisions du gouvernement respectent les droits issus des traités et les droits inhérents, ainsi que les obligations internationales du Canada, en commençant par les principes de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. »

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